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Lesdécrypteursencampagneprésidentielle.over-blog.com

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Les "constitutionnalistes en herbe" de Paris 1 vous proposent une analyse des réformes institutionnelles proposées par les candidats à l'élection présidentielle de 2017.

Philippe POUTOU

Philippe POUTOU

Présentation du candidat

Philippe Poutou, né en 1967, est un candidat issu d’un milieu modeste et ouvrier qui ne possède aucun diplôme. Il s’engage dès son plus jeune âge en politique. Lycéen, il milite déjà pour Lutte Ouvrière, parti dont il sera membre jusqu’à son exclusion en 1996. Mais c’est en tant que responsable syndical de la CGT à l’usine de Ford en Gironde où il est salarié qu’il acquiert une certaine audience médiatique. Constant dans son engagement à l’extrême gauche, il rejoint la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), un parti alors incarné par Olivier Besancenot dont la popularité se renforce lors de la campagne pour le « Non » à la Constitution Européenne. Cette progression se conforte à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle en 2007. En effet, La LCR devient le deuxième parti de gauche après le PS, ce succès pouvant se lier à l’engouement que la candidature d’Olivier Besancenot avait suscité. En 2009, Le Nouveau Parti Anticapitaliste succède à la LCR. Ce parti révolutionnaire se définit comme anticapitaliste, antiraciste, antisexiste et écologiste.

Après le succès des élections de 2007, Philippe Poutou est choisi pour représenter le NPA aux présidentielles de 2012. Bien qu’ayant récolté 500 signatures des maires principalement non affiliés, avec le candidat Philippe Poutou, le NPA ne renouvelle pas ses bons résultats. Sa constante comparaison au charismatique Olivier Besancenot, l’arrivée tonitruante du Front de Gauche, la faiblesse de son budget de campagne et son statut de « non-professionnel » de la politique semblent éroder sa crédibilité dans les médias et auprès de l’opinion publique. En 2015, alors qu’il a démissionné de la direction du parti, il est à nouveau désigné pour le représenter aux prochaines élections présidentielles. Il espère surfer sur les mouvements de contestation contre la loi travail. Toutefois, sa candidature s’annonce compliquée. Il n’a actuellement recueilli que 200 signatures sur les 500 nécessaires pour pouvoir concourir. Cependant, fort d’une dynamique de communication renouvelée autour de sa candidature, il pourrait figurer parmi les finalistes en mars prochain. De la tribune publiée dans Le Monde, à la pétition pour sa candidature, tout est mis en place pour que le candidat récolte ces précieux parrainages d’ici le mois de mars.

Fanny Pichotzki, Estelle Berling, Anais Cornuel

L’abandon du nucléaire, une proposition courageuse ?

« Le capitalisme détruit la planète ! Changeons le système pas la planète ». Voici ce que soutient le NPA, parti dont Philippe Poutou porte la candidature, à propos de la protection de l’environnement. En effet, le candidat entend initier une profonde évolution des modes de production s’appuyant sur une « transition sociale et écologique radicale ». La politique envisagée pour 2017 semble opportune quoiqu’ambitieuse : elle implique un changement radical, quoique nécessaire.

Philippe Poutou souhaite que la totalité de l’énergie produite en France soit renouvelable, en l’espace d’une trentaine d’années. Il préconise également la fermeture immédiate de tous les réacteurs nucléaires de plus de trente ans, tout comme l’abandon des projets d’enfouissement des déchets radioactifs de haute activité.

Le problème essentiel posé depuis plusieurs années par la production d’énergie nucléaire mais entravé par la difficulté du consensus, est celui de l’évaluation de son impact sur l’environnement. Bien des réformes ont été envisagées – on pense notamment à l’accord de Paris signé lors de la COP21, à l’engagement de F. Hollande de réduire l’utilisation de cette énergie de 25% d’ici 2025, ou encore à la la loi de transition énergétique de 2015 – aucune n’a posé le principe de l’abandon de la production d’énergie nucléaire. Plus encore, de nombreux intérêts – principalement économiques, stratégiques et sociaux – paraissent entraver fortement le développement des politiques optimistes visant à réduire la part du nucléaire dans l’énergie produite et consommée en France.

Pourtant, des principes de valeur constitutionnelle, notamment énoncés par la Charte de l’Environnement de 2004, ne s’opposent pas à de telles réformes réductionnistes, voire même à l’abandon du nucléaire d’ici 2050 par exemple. De surcroît, la constitutionnalisation du principe d’interdiction du recours à l’énergie nucléaire ou la limitation de son exploitation apparaîtraient comme une garantie plus efficace de ce changement. L’Autriche, Etat européen ayant le plus réduit la part du nucléaire dans l’énergie nationale, a notamment empruntée cette voie. Cependant, alors que de nombreux pays amorcent l’abandon de la production d’énergie nucléaire à des fins civiles, cette question n’est que peu abordée en France, deuxième producteur mondial d’électricité nucléaire (derrière les Etats-Unis et devant le Japon) pendant la campagne présidentielle. Elle constitue donc une proposition originale et audacieuse du candidat Philippe Poutou.

Manon Tabareau & Amélie Turci

Cher Peuple français,

Ouvrez les yeux face à notre régime démocratique. Vous peuple, gouvernez-vous réellement en tant que souverain ou n’est-ce qu’une illusion ? Notre Constitution a institué des gouvernants dans le cadre d’un régime démocratique représentatif qui ne nous représente pourtant pas. Argent et beaux discours sont les signes d’une démocratie en perdition. Mais ne vous inquiétez pas, nous, Peuple français, sommes en mesure de changer la situation. Demandons-nous comment faire pour que le pouvoir souverain appartienne réellement au peuple dans sa totalité et non pas à une infime partie la plus aisée de celui-ci ? Ecoutez par exemple Monsieur Philippe Poutou, il vous enseignera qu’une réforme institutionnelle profonde est nécessaire. Profonde car il s’agit là de s’attaquer à ce qui fut longtemps un symbole dans la Cinquième République, la fonction présidentielle. Il vous vient alors sans doute une question à l’esprit, s’agit-t-il de supprimer le poste de Président de la République ou s’agit-t-il de le modifier ?   

Notre candidat vous répondra qu’il s’agit dans un premier temps d’abandonner la démocratie indirecte, puisque le peuple ne doit pas être représenté, le peuple ne doit pas contribuer à la démocratie mais il doit construire la démocratie par lui-même et pour lui-même. Il s’agit, vous l’aurez compris, d’instituer une véritable « démocratie directe ». Dites au revoir à ces mécanismes de démocratie participative trop fébriles pour faire de nous les réels souverains ! Si Monsieur Poutou est clair sur son intention de bouleverser les institutions, il l’est très peu sur le moyen d’appréhender cette suppression de la fonction présidentielle. Ayons alors l’esprit créatif.

Avant d’évincer totalement le Président du régime, il faudrait faire l’hypothèse d’un système qui réaffirme son rôle initialement prévu par la Constitution : un strict rôle arbitral, pas plus, pas moins. Néanmoins, partons de ce constat : la fonction présidentielle n’existe plus. Doit-on craindre un désarroi social ? Comment Monsieur Poutou envisage-t-il le remplacement de cette fonction ?

Admettons que le peuple, habitué à cette figure de Président, hisse petit à petit le Premier Ministre au rang de monarque républicain. La fonction présidentielle serait alors assumée par un Premier ministre responsable politiquement devant le Parlement. Celui-ci issu de la majorité parlementaire, représenterait une plus grande partie de la population. Toutefois, nous replongerions dans les abysses de notre actuelle démocratie représentative. Le Premier Ministre, en tant qu’homme politique ne pourrait être neutre. Il lui serait impossible de représenter réellement la Nation, dans son universalisé.

Il est alors temps de nous éduquer, Nous, Peuple français, devenons des citoyens actifs. Suivons nos contemporains et à l’image de la Suisse ou de l’Allemagne, injectons dans notre régime de véritables mesures de démocratie directe. Modifions à nouveau les circonscriptions pour en faire des cantons plus petits. Il faudrait mettre en place des assemblées populaires où chacun pourrait venir délibérer pour une meilleure politique nationale. Utilisons les progrès techniques pour faire remonter chaque semaine nos propositions à un Parlement redéfini. Monsieur Poutou voudrait supprimer le Sénat et rétablir la proportionnelle aux élections législatives. Imaginons qu’il faille pour chaque élection élire les parlementaires parmi toutes les catégories socio-professionnelles afin de tous être représentés. Hélas, nous voilà à nouveau en train de plonger dans l’écueil d’une démocratie représentative instituée par des élections. Comment créer une nouvelle forme de démocratie sans remettre en cause le principe de l’élection et de la représentation ? Il semblerait par ailleurs impossible aujourd’hui que le peuple dans son entièreté se rassemble sur une place pour discuter de politique !

Tout le peuple peut-il réellement prendre part à notre démocratie ou n’est-ce qu’une chimère ? La question reste manifestement pendante.  

 

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