Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Lesdécrypteursencampagneprésidentielle.over-blog.com

Lesdécrypteursencampagneprésidentielle.over-blog.com

Les "constitutionnalistes en herbe" de Paris 1 vous proposent une analyse des réformes institutionnelles proposées par les candidats à l'élection présidentielle de 2017.

Alexandre JARDIN

Alexandre JARDIN

Alexandre Jardin

L’original

Alexandre Jardin, candidat de la société civile aux prochaines élections présidentielles, est un scénariste et écrivain diplômé de Sciences Po Paris.

Né dans une famille bourgeoise très impliquée en politique prend conscience des problèmes se développant au sein de la société et s’implique dans des initiatives citoyennes, en fondant en 1999 l’association Lire et faire lire qui permet à des écoliers de se familiariser avec la lecture. Mais en 2007, frustré par ce qu’il nomme « l’incapacité de ses concitoyens à sortir de la torpeur politique qui dirige le pays », il décide de s’engager en politique.

Lorsqu’il créé l’association Bleu Blanc Zèbre, il espère engager les partis républicains existants à associer à l’élaboration de chaque décision publique les acteurs de la société civile concernés pour que tous prennent part à la vie politique.

Face aux refus qu’il essuya, il ne vit d’autre solution que celle d’agir directement, en se portant lui-même candidat de l’Appel des mouvements citoyens.

Ne croyant plus au système des partis et réfutant le mythe de l’homme providentiel, Alexandre Jardin se lance dans une campagne atypique, incitant notamment chaque citoyen à s’associer à lui à chacune des étapes qu’il franchit. En effet, le candidat ne dispose que d'un « cadre de programme », dont le contenu sera enrichi et construit peu à peu, à la suite des débats menés par les adhérents de la « Maison des Citoyens », ensemble de groupements citoyens recensant « tous ceux et celles qui agissent concrètement sur leur territoire pour réparer des fractures du pays ».

S’il se dit apolitique, prenant pour modèles tant Charles de Gaulle que Jean Jaurès, il flirte néanmoins avec plusieurs personnalités de la droite libérale et prône le rassemblement de ses compatriotes désabusés par les partis politiques actuels.

Pour ce qui est de son programme, Alexandre Jardin tient à rappeler qu’il n’aime guère les « promesses utopiques ». Il désire plus que tout être jugé sur des actions concrètes, pour ne pas être assimilé à ceux qui se contentent de prononcer des discours. Son potentiel mandat se fonderait donc sur la participation citoyenne, le développement d’actions citoyennes déjà éprouvées, et la quête d’une plus grande égalité des français. Il dénonce le présidentialisme de la Cinquième République et aspire à rendre son rôle au président, qui selon lui, usurpe trop souvent celui du Parlement.

JORRY Lauréna

Société Civile

Comment définir la « société civile » ? Voilà une question qui incite à réflexion. Le terme de « société civile » trouve ses origines à la Révolution Française, avec la loi Le Chapelier qui abolit en 1791 les corporations. Mais le besoin de corps intermédiaires entre l’Etat et les citoyens est rapidement devenu nécessaire. Cette nécessité s’est traduite en droit par la promulgation de grandes lois sous la IIIème République, celle de loi de 1884 sur les syndicats, celle de 1901 sur les associations. Aujourd’hui, les associations et les organisations patronales et syndicales qui composent la société civile revendiquent de participer davantage à la prise des décisions politiques.

La société civile se définit par opposition à l’Etat, en désignant toute forme d’organisation des citoyens en dehors des organes de l’Etat et de la sphère économique. Elle rassemble les associations, syndicats ainsi que tous les groupes d’intérêts. Ces organisations contribuent au fonctionnement de la démocratie notamment en essayant d’influencer les décideurs politiques. En effet, l’implication de la société civile à la prise de décision publique paraît primordiale en démocratie pour trois raisons. La première est que son existence permet de garantir la liberté de tous en empêchant la mise à l’écart des expressions minoritaires isolées et contraintes, selon Tocqueville, par la tyrannie de la majorité. La deuxième tient au dynamisme des associations qui assurent une autre forme de participation, bien que toujours médiate, des citoyens à la vie politique en dehors des temps électoraux. Enfin, la société civile permet à toutes les opinions de trouver un lieu d’expression et contribue ainsi à enrichir le débat public.

Ses moyens d’agir sont multiples. Elle peut d’abord influencer la vie politique par un travail plus ou moins discret de lobbying. Son influence se fait plus visible lorsque, pour faire valoir ses intérêts, elle recourt à la protestation, par la grève, la manifestation, ou le boycott. Cette influence semble depuis quelques années emprunter une nouvelle voie, celle des Civic Tech. La technologie, principalement numérique, y est pensée comme un outil au service de l’inclusion des citoyens à la prise de décision publique. Elle comprend les composantes de la société civile et peut être promue par le gouvernement – c’est l’Open Government Partnership – ou laissée à l’initiative des citoyens. Elle peut être considérée comme une nouvelle voie au service de la démocratie participative.

La société civile est donc nécessaire à l’existence et au maintien de la démocratie. Elle constitue également un levier pour la participation du peuple à la vie politique en dehors des temps électoraux.

GRANDJEAN Axel

Un projet incertain de démocratie citoyenne

Alexandre Jardin, le candidat de la « Maison des citoyens » définit sa politique comme étant celle de la démocratie citoyenne. A ce titre, il dénonce la centralisation comme un frein au pouvoir des citoyens et un tremplin au bénéfice du pouvoir des administrations. Ce système favoriserait également la mise à l’écart de la population dans l’exercice du pouvoir politique au profit de ces « élites ».

Pour y remédier, il propose d’instaurer une nouvelle organisation de la séparation verticale des pouvoirs en redessinant le découpage territorial sur la base de départements correspondants aux « bassins de vie » réels. Les bassins de vie sont définis par le candidat comme les plus petits territoires sur lesquels les habitants ont accès aux équipements et services les plus courants comme les services aux particuliers, le commerce, l’enseignement, la santé le sport ou les transports.

Aux vues de ses propositions, il semble que sa démocratie citoyenne opère sous la forme d’une décentralisation plus poussée, offrant plus de compétences et de libertés aux départements. Selon lui, les départements sont un élément essentiel pour décentraliser les compétences encore exercées par l’Etat ou les Régions. Il souhaite augmenter le nombre de départements pour qu’ils coïncide avec des « bassins de vie », une augmentation dont l’effet serait d’accroître le nombre d’élus afin de répondre aux attentes et aux besoins des citoyens. Le candidat propose également d’en finir avec que qu’il nomme « la tutelle » des collectivités locales. Alexandre Jardin souhaite repenser les rapports entre les différentes divisions du territoire, en redonnant plus d’autonomie aux collectivités vis-à-vis de l’Etat. Enfin, Alexandre souhaite confier aux régions les moyens de piloter opérationnellement les politiques pour lesquelles la dimension territoriale est essentielle, comme la santé, l’emploi, le logement et l’agriculture. Il pense que les hautes instances de l’Etat devraient se contenter sur les compétences régaliennes, laissant le reste aux collectivités décentralisées.

Pour concrétiser ce projet, il imagine de contraindre chaque région et département, en contrepartie des transferts financiers massifs, à proposer un plan sur cinq ans pour atteindre les « minimums » de services à rétablir et à publier un bilan annuel des « minimums » à rétablir.

La question reste toutefois de savoir si l’on peut qualifier ce projet de réforme car derrière ces beaux intitulés, on ne trouve aucune information quant à leur mise en œuvre concrète. En effet, afin que ce projet réalise une démocratie citoyenne, il demande aux citoyens d’en préciser les contours sur un site Wikicitoyen.

Lauréna Jorry, Axel Grandjean

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article